1.12.16

rêve d'automne

Dans ce rêve, une sorte de gros Merlin l'Enchanteur fumant le cigare (Fidel Castro?) me prend à partie un peu brutalement : "Quand tu arrêteras de photographier tout ce que tu trouves un peu JOLI, tu seras peut-être un jour GUÉRI."

1.11.16

One Year for Paris 2017



We knew it could happen but we didn't want to understand it. Since the January and November 2015 attacks,
we have changed the way to look at our city and enjoy its freedom, cafés and parties, munuments, and even flat grey light and rainy days.
We asked photographers to celebrate Paris with us, and have gathered their different visions.

Since 2012, Lozen up has published calendars to support people in need through charitable organizations.
We initiated this project after the 2011 Tsunami in Japan, and have supported Japanese Red Cross (2012),
National Parents to Support Children from Radiations (2014, 2015), and Big Brothers Big Sisters of Mississippi (2016).

Proceeds from all 2017 calendar sales will be donated to the Fondation de France,
which supports attack victims and the prevention of radicalism.


Contributors :
Aaron Stern, Alberto Garcia Alix, Alexandre Tabaste, Alexis Armanet,
Amaury Da Cunha, Amit Israeli, Cheryl Dunn, Christer Strömholm,
Cyrille Weiner, Daido Moriyama, Daniel Arnold,
Deborah Leca & Jonathan Paciullo, Erwin Blumenfeld, Estelle Hanania,
Fred Lahache, Gianluca Tamorri, Giasco Bertoli, Guido Mocafico,
Guillaume Belvèze, JH Engström, Joel Meyerowitz, Jordan Sullivan,
Juergen Teller, Kamil Zihnioglu, Laurent Kronental, Laurent Laporte,
Marcelo Gomes, Marguerite Bornhauser, Marion Berrin, Matias Indjic,
Maxime Verret, Mazaccio & Drowilal, Morten Andersen, Myr Muratet, Nguan,
Nicholas Calcott, Nicolas Silberfaden, Ola Rindal, Patrick Messina,
Quentin de Briey, Rinko Kawauchi, Romain Laprade, Ronan Guillou,
Ryuichi Ishikawa, Samuel Kirszenbaum, Saskia de Brauw, Shane Lynam,
Stéphanie Solinas, Takashi Homma, William Klein, Ye Rin Mok.

Editorial supervision : Laurence Vecten
Graphic Design : Madoka Rindal

Weekly calendar
18 x 23 centimeters
28 sheets
offset printing
750 copies

25 euros, shipping included (all destinations)
Ordering more than 1 copy? Please, get in touch: lozenup (at) gmail.com

3.10.16

un rêve

Dans ce rêve, je reçois par la poste une édition de mon journal intime publié par "le mal de l'homme", accompagnée d'une lettre très froide de Layla (la directrice de cette maison) à qui je n'ai jamais envoyé ce manuscrit, pour une raison simple : je ne tiens pas de journal intime.

1.10.16

Silencio


Jeudi prochain (le 6 octobre) au Silencio, à 20h — avec Arnaud Claass, nous parlerons de photographie et de poésie.

De leurs liens à la fois évidents et bizarres. Des phrases cachées sous les photographies. Des photographies planquées derrière les mots.


Si cette conversation vous intéresse, merci de m'écrire, et je vous mettrai sur la liste.


[Silencio : 142 Rue Montmartre, 75002 Paris]

23.9.16

À point

On n'avait pas prévu ça. Ce fond de l'être oscillant entre la fausse enfance candide et l'entrée dans l'âge pervers de l'adulte. Comme une femme folle collant des miroirs sur les êtres vers lesquels elle serait aimantée (pas aimante, son drame).

Le sursaut dérisoire d'espérance dans une anomalie du réel, un matin (de la peinture fraîche coulant au sol autour de belles branches d'un arbre), et soudain, la joie, irrationnelle, l'attention riante, hystérique, sanctionnée par une photographie prise hélas à l'iPhone. 

Ce manque de ferveur remarqué chez les artistes d'aujourd'hui (Pierre Michon).

Ce repli domestique, ; l'œil tourné vers des films faciles (comme des aventures sans lendemain), l'autre œil fixant bêtement l'ordinateur, le médium éteint, moteur d'un nouveau texte possible, et derrière lui, la fenêtre ouverte sur le début de l'automne, ce dehors traversé par d'innombrables nouvelles images possibles. 

Cette phrase d'un ami : être soi-même, le seul moteur de sa vie. Je n'ai pas osé lui demander où trouver le meilleur des carburants. 



16.9.16

sweet dream

 
  Dans ce rêve fait cette nuit, j'emmène en tram ma nouvelle petite copine - une actrice de films pornos entièrement tatouée - dans une piscine municipale en banlieue ; après avoir commandé deux martinis, nous décidons de poser nos serviettes sur de l'herbe en plastique près du bassin intérieur, alors qu'il fait un temps superbe, et qu'il n'y absolument personne dans le solarium en béton dehors. Soudain, j'aperçois mes parents au loin qui me font des signes au moment où mon amoureuse décide de retirer le haut de son maillot. Ma mère se rapproche de moi, impossible de l'éviter (léviter ?) et elle me lance ces mots bizarres qui ne lui ressemblent pas du tout : "Ne fais pas semblant de te cacher voyons, on la voit d'ici ta love".
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15.9.16

Cerf-volant

 


 J’avoue la tentation de te livrer des images, mais souvent l’image est un cadre où se greffe une histoire. Je n’en veux pas. Je suis charmé par des images sans histoire. Ce sont des photographies. Une où quelqu’un court sur la plage pour faire voler son cerf-volant. Je me sens idiot en le regardant, tellement idiot qu’une larme coule sur ma joue. Je n’ai jamais possédé de cerfs-volants. Je fixe la chose dans le ciel, elle le rend moins angoissant que d’habitude. D’habitude je m’ennuie, alors je quitte une chambre confortable pour la balade et la plage. Je t’assure que je ne manque de rien. Tout est prêt dans cette chambre pour que les journées se déroulent, parfois cognent contre les murs blancs. Je me concentre pour limiter la casse ou l’auto-érotisme : pratique commode mais qui ne me repeuple pas, me dévaste plutôt. Je trouve que le temps passe lentement dans cette chambre. Sache que ce temps passé est un temps de passage, certains projets y naissent et doivent supporter l’étroitesse du lieu ; ruminer des passions entre quatre murs est une épreuve : si elles ne perdent pas de leur panache, si elles ne s’usent pas, je considère qu’elles peuvent aller se répandre à l’extérieur.




8.8.16

Notes d'été


Derrière l'appareil photo, le monde devient une surface de réparation : je révèle ses brèches, l'image les soigne, un peu.

*
                                                           
Je suis sur le point de photographier une plage magnifique, à la tombée du jour. Me manque seulement quelque chose. Un événement ? Comme cet enfant qui trébuche devant son père après avoir shooté dans son ballon.


*

Pourquoi cette curieuse sensation, en photographiant par exemple, à la tombée du jour, un  buisson caressé par le soleil, de me rapprocher d'une vérité intérieure  ? Est-ce un cinéma que je me raconte ? Ou une vraie rencontre entre la furie du réel et le chaos de ma tête ?

6.8.16

3

Laisser les corps décider tous seuls.


Je parle à l'escargot la nuit : "Ta coquille, est-elle ton corps, ou ta maison ?"


L'image, après les mots, comme un abri après une catastrophe.

Auvergne






27.7.16

Cassis



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Nuit coupée en deux par une nausée qui m'a sorti du lit vers cinq heures du matin. Je suis allé dehors pour entendre la mer comme un aveugle. "Et si demain elle avait disparu?" me suis-je dit en buvant un grand verre d'eau qui désaltère comme disait l'autre,  c'est-à-dire - "vous restitue votre moi".  Puis nuit retrouvée. Pas de rêves.

Photographié tout à l'heure des plagistes en les surexposant, tous brûlés par l'image et le soleil, méconnaissables ; subsiste cependant un couple qui s'embrasse au beau milieu de la photographie numérique en noir blanc, serrés l'un contre l'autre.

"Face à lui, je n'ai pas peur de lui montrer que je suis vulnérable" me dit une femme.

En me baignant hier soir dans l'eau froide, je dis à mon ami chercher un verbe qui puisse aller avec la beauté. Au loin la falaise "canaille", innommable, sublime. J'ai trouvé mon verbe. "La beauté apaise." Mon ami réfléchit bien moins longtemps que moi, tandis que nous nageons pour rejoindre les rochers. "La beauté nourrit" me dit-il.

Grande faim vers 17h. Cette brusque envie de goûter est celle d'un enfant que je suis heureux de retrouver à travers mon estomac, contre mon cœur.

La beauté : renoue. La beauté : relie.

Je suis le concierge du superflu, aux aguets (aujourd'hui sur la terrasse qui domine Cassis) des petits riens tantôt sonores - cigales, enfants en verve, clapotis des vagues-  mais aussi visuels : ces bateaux qui reviennent des calanque, ces corps anéantis par le soleil, lézards. L'image et le son ne marchent pas ensemble. Attentions séparées.

Engourdi, écrasé par la chaleur, parler me semble aussi fastidieux que de bouger mon corps. Tandis qu'écrire, à l'instant, est un geste évident, qui m'amuse autant qu'il m'aide à m'installer  dans cette journée. Pas besoin de compagnie.

26.7.16

L'été encore

Le souvenir d'un entretien au téléphone avec Jaccottet il y a quatre ou cinq ans répondant à mes questions envoyées avant par écrit ; je ne me souviens aujourd'hui plus de ses mots, mais de la précision maniaque avec laquelle  il me dictait sa ponctuation, des virgules, beaucoup de virgules.


L'empreinte du ciel (se donne, comme poème)


Réveillé par le bruit des vaguelettes sur des galets, douceur au carré. Pas bruit : son, événement, soie, drap.


L'été des plongeons divers.


Tout ce qui passe par la tête et ne mérite rien. Aucune attention. Comme, cette phrase.


La grande mer qui sort des yeux, inventée, renouvelée par mon corps qui ne bouge pas, donne.


Toujours cette attente, l'eau, l'origine. Le vent qui orchestre la lumière et aussi, donc, le mouvement du pin au dessus de moi ; visage tavelé, image de soi, preuve de l'été.


Le présent, pas un carrefour, cette fois, un pont. Un promontoire.


Je ne photographie (presque pas), aucune raison de dramatiser, cette fois.


Pourquoi pas un requin au milieu de l'image, à voir, en demander un.


Le roman, le réel, la vie, l'ordre. Le poème dans la tête, les choses, l'insensé, la perte. Comme plusieurs photos différentes mises bout à bout.


Quand je n'entends plus rien, je veux écrire pour écouter ma voix à nouveau.


Après je peux nager en silence, serein.


L'embrasse. Langues.